by Nicolas Masbourian

De retour à la maison après une fin de semaine couronnée de succès à Catskills, Elliott et moi nous sommes attaqués au Grand Prix cycliste de la Matapédia, une course de 6 étapes sur 5 jours.  Nous avons donc pris la route pour la Gaspésie, tout de suite après la 7e étape des Mardis cyclistes de Lachine, où Elliott a pris le deuxième rang suite à une course endiablée.

Première étape – CLM individuel :

La première étape était un contre la montre de 13 kilomètres entre Causapscal et Lac au Saumon.  L’histoire est simple,  rouler à fond pour placer nos cartes dans le classement général. L’étape est remportée par le spécialiste de l’effort solitaire, Émile Jean, alors qu’Elliot a terminé au 8e échelon et moi-même au 10e – tous les deux à moins d’une minute du leader.

Deuxième étape – circuit routier :

Dès le lendemain matin, la course se transportait dans la petite municipalité du lac Humqui, pour un circuit routier de 112 kilomètres.  Les écarts au classement général étant très petits, les sprints de bonification seront primordiaux.  Ces sprints donnent aussi les points pour le maillot vert de meilleur sprinteur, l’un de nos objectifs.  Dès le début de la course, les meneurs au classement général se retrouvent sous pression alors que les attaques fusent de toute part. Finalement, une échappée de 10 coureurs se forme, avec toutes les équipes représentées. Il n’en faut pas plus pour que les fugitifs prennent le large et se disputent la victoire.  Elliott, présent dans se groupe, réussit à fausser compagnie au reste du groupe, en compagnie d’un coureur de Garneau Québecor, qui, malheureusement ne peut prendre ses relais pour favoriser le retour de ses coéquipiers.  En grandes jambes, Elliott conduit le duo jusqu’à la ligne, où il sauté est au sprint par Simon-Pierre Gautier, qui était sur le porte bagage depuis 10 kilomètres.  On se croise les doigts, Elliott est peut être maintenant leader au classement général. Malheureusement, à la fin de la journée, Marc-Antoine Soucy endosse le maillot de leader par seulement 3 secondes.  La guerre pour le maillot était belle et bien lancée.

Troisième étape – défi de la montée :

Les organisateurs nous avaient donné rendez-vous au pied du chemin Kempt à Causapcal pour le défi de la montée, une course de 14 kilomètres qui se terminait dans le village de Sainte-Marguerite. La stratégie est simple, survivre le premier kilomètre qui s’incline sur plus de 18%, puis rester avec les grimpeurs le plus longtemps possible. Dans ce genre d’épreuve, une reconnaissance du parcours est primordiale, ce que nous avions fait la veille.  Nous savions donc que la fin du parcours était plus roulante et offrait  des « lunch pads » : ces petites montées qui suivent une descente et qui permettent de lancer des attaques redoutables. L’histoire de la course est simple : deux coureurs sont partis dès les premiers kilomètres et, avec une bonne collaboration, ils ont remporté les grands honneurs.  En effet, David Drouin remporte la victoire et Samuel Blanchette, le maillot à poids. De notre coté, Elliott et moi nous sommes retrouvés isolés l’un de l’autre alors que Garneau Quebecor a augmenté le tempo. Après une première attaque infructueuse, je me suis repris en attaquant dans ce fameux « lunch pad », à un kilomètre de la ligne, pour surprendre ce qui restait du groupe principal. J’ai cru à cette troisième position, mais j’ai vu le groupe me reprendre à quelques 50 mètres de la ligne. Au final, ce n’est que partie remise, nous avons perdu quelques seconde au classement général, mais c’est loin d’être terminé.

Quatrième étape – critérium :

Le soir même, les habitants de Sayabec nous attendaient dans leur village pour la présentation d’un spectaculaire critérium.  Vous vous rappelez le critérium du centre-ville de Charlevoix?  C’est similaire, mais plus rapide. Avec près de 20 secondes de bonification disponible, l’objectif était de prendre contrôle du maillot jaune lors de cette soirée.  Même loin dans l’est du Québec, nous entendions Gord dire : « Cette course se gagne sur les bonifs ».  Au final, le classement général reste inchangé, mais Elliott endosse maintenant le maillot de meilleur sprinteur.  De mon côté, avec moins d’un tour à faire j’ai repéré Bruno Langlois qui préparait une attaque pour rejoindre deux coureurs en échappée. Quelques mètres devant le peloton, j’ai sauté dans sa roue alors que le peloton était hésitant, et un trou s’est rapidement créé entre nous et le reste des coureurs. Après la succession de virages serrés, nous avons sprinté pour la victoire.  Un très long sprint qui sera l’affaire d’Émile Jean et, pour ma part, je finis troisième.  Le peloton arrivait à grande vitesse et tout le monde sera crédité du même temps.

Cinquième étapes – circuit routier :

Après une courte nuit de sommeil, le célèbre maire d’Amqui nous recevait dans sa ville pour un court circuit de 100 kilomètres. L’histoire de cette course est une échappée de 11 coureurs qui ont eu le courage de partir dans le premier kilomètre, pour se disputer la victoire. Dans cette étape nous avons collaboré avec Garneau Quebecor pour assurer la chasse. De notre côté, nous étions intéressés par les secondes de bonification de l’arrivée.  Cependant, cette chasse, qui fut longue et ardue, à couté très cher aux deux formations, et pour éviter des contres-attaques des coureurs placés au classement général, nous nous sommes entendus pour réduire notre effort et de laisser les échappés aller au bout.  Pour les trois derniers tours, nous avons relayé à seulement trois coureurs, laissant la porte à une autre équipe de finir le travail.  Malgré tout, la fatigue se fait sentir chez les coureurs en échappée et seul Henrick Pineda résiste au retour du peloton, pour remporter une victoire spectaculaire, alors que le sprint de peloton se déroule tout juste derrière lui. Elliott termine au 4e rang.

Sixième étape – Course sur route

L’épreuve reine de cette course. Un parcours de 110 kilomètres qui fait le tour de la vallée et qui totalise plus de 1600 mètres d’ascension. Nous savions que le classement général pouvait basculer lors de cette journée. Nous devions donc être prêts pour la guerre. La journée est partie sur les chapeaux de roue avec l’ascension de la côte de Saint-Irène dans les deux directions.  Bruno Langlois a attaqué, et seul un coureur de Transport Lacombe peut répondre à l’accélération. Le reste de la course fut un « attaque-fest » dont on se rappellera longtemps. En effet, avec aucune équipe intéressée à rouler le devant du peloton, les coureurs du classement général se sont livré une bataille sans merci. Elliot à tout donné pour tenter de protéger le maillot de meilleur sprinteur et son deuxième rang au classement général, alors que nous étions attaqués à répétition. Au final, on ne revoit jamais les fuyards qui se sauvent avec la victoire et le classement général.

Conclusion de ce tour, victoire finale de Bruno Langlois, Elliot termine 4e et enfile le maillot vert. Les félicitations sont également de mise pour Michel Fugère et son équipe qui ont fait un sans faute dans l’organisation du grand- prix.  On leur dit à l’an prochain!

The Team

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We started our first season as a UCI continental team in 2014. It was a 5 Yr run as Silber Pro Cycling. In 2019 Floyd Landis became our title sponsor and was joined by Worthy Brewing as a presenting sponsor.

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